Michel J. Hanser-Schaffhauser von Hettenschag   4 rue Bertin  Poirée   F-75001 Paris   FRANCE  

 

Eté 2002 – Espace analytique

 

 

 

La relation d’objet

 

 

 

 

L’appareil mythique comme essai de maîtrise signifiante.

 

 

DONNA ANNA e DON OTTAVIO

Protegga il giusto cielo

Il zelo del mio cor 

 

DONNA  ELVIRA

Vendichi il giusto cielo

Il mio tradito amor !

Don Giovanni, Acte I, Scène 4ème (Tableau 3)

 

 

 

La très chère était nue, et, connaissant mon cœur,

Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores

Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur

Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

(…)

Elle était donc couchée et se laissait aimer,

Et du haut du divan elle souriait d’aise

A mon amour profond et doux comme la mer,

Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

 

Charles Baudelaire, Les épaves, Pièce VI, Les bijoux, Paris, 1866.

 

 

 

 

 

En exergue de cette communication, j’aurais souhaité apposer deux textes, mamelles, l’une impossible, l’autre improbable, de ce dont il me semble être question.

Le premier, extrait du texte ré-écrit par  Lorenzo da Ponte au début de 1787, Don Giovanni, connu comme le « Trio des masques », figure l’impossible grâce à l’écriture de Mozart, qui ici avec sublime et délicatesse, superpose les deux visages tiraillés, ceux du couple Don Ottavio (« Si ce qu’il chante doit fournir un portrait strict, ce sera le portrait de l’impuissant », Pierre-Jean JOUVE) – Donna Anna (« Cette femme, inconsciemment liée au père, a reporté sur l’homme le désir d’être séduite, d’être forcée » Pierre-Jean JOUVE), et celui de Donna Elvira (la femme « outragée », comme la désigne Jean-Victor HOCQUARD).  (lecture…) « Protège ô juste ciel la détermination de mon cœur ! » et « Venge ô juste ciel mon amour trahi ! ». Deux voix pour un seul visage, essai chanté pour une maîtrise signifiante. L’impossible pour une voix, est ici essai transformé pour deux. Je précise impossible pour nous, mais non pour le petit Hans…

Le deuxième texte, extrait du Recueil publié en 1866, Les épaves, reprend un poème condamné en 1857 (« Peinture lascive, offensant la morale publique », substitut Pinard) et retirée des « Fleurs du Mal », Les bijoux. Peut-on lire « le riche attirail » des bijoux de Jeanne tel cet appareil mythique qui lui confère la victoire, « l’air vainqueur », réussite ès maîtrise signifiante … ? Je suggère en toute espèce, ici, une lecture de l’improbable, contenu dans cette ode à Jeanne, que la destitution du quatrain final viendra corroborer, mais j’en souligne simultanément la beauté, ici faite mythe, un peu à la mode de notre petit Hans mythifiant cigognes et girafes. (lecture).

 

 

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1. L’appareil mythique et la maîtrise signifiante.

 

1.1 Dans son Séminaire Quatrième sur la Relation d’objet, Jacques Lacan décline les soubresauts discursifs du petit Hans dans l’éclairage des écrits Lévi-straussien sur la structure du mythe inférée des études amérindiennes.

 

Lévi-Strauss met au point, dans un article paru dans une revue, en 19551, puis repris dans le chapitre XI de l’Anthropologie structurale, une analyse qui est un art de quadriller le récit mythique de grilles verticales et horizontales, de l’analyser tel un tableau, et d’en dégager quatre colonnes, chacune contenant des éléments ou unités constitutives du récit mythique appelés mythèmes (qu’on pourrait décrire tels des « paquets de relations »), participant d’une communauté de traits. Lévi-Strauss analyse ainsi le mythe d’Œdipe, et établit une première colonne où il regroupe les rapports de parenté surestimés, une deuxième avec des rapports de parenté dévalués (c’est-à-dire la même colonne que la précédente, avec le signe fonctionnel négatif), une troisième avec des monstres et leur destruction et enfin une quatrième, où il rassemble les difficultés à marcher droit (d’après une analyse des noms). Voilà une lecture analytique qui dégage une structure essentielle, qui peut se répéter à l’envi, se décliner sur de multiples « feuillets » tels que les nomme leur auteur. Le structuralisme est né, et Lévi-Strauss l’applique à volonté aux récits du folklore amérindien. Mais la méthode demeure riche, et applicable à tout mythe pour autant qu’un mythe est toujours une émanation d’interrogations ontologiques, originaires. « Pour Freud, deux traumatismes (et non un seul, comme on a si souvent tendance à le croire) sont requis pour que naisse ce mythe individuel en quoi consiste une névrose2 » déclare l’auteur. En conséquence, le traumatisme de la naissance de la petite sœur, Hanna, ou l’aide interdictive concernant la masturbation n’eussent suffi, chacun des éléments pris séparément, à provoquer une prolifération mythique. La naissance du mythe répond dès lors à des conditions bien spécifiques. Lévi-Strauss nous apprend également que « la répétition a une fonction propre qui est de rendre manifeste la structure du mythe3 », ce qui rend compte de cette structure en feuillets comme d’une transcription du fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d’une même séquence. Il envisage ainsi un nombre infini de feuillets, comme autant d’ajouts dont la production historique viendrait pourvoir un même mythe. Le structuralisme permet dès lors une lecture qui par sa discontinuité permet d’analyser la toute continuité du mythe.

Ainsi, dans la production imaginaire de notre petit Hans, le 22 avril 1908, que Freud nomme la théorie sexuelle infantile du petit Hans, et que Lacan désigne du mythe individuel du névrosé, se construit quelque chose : c’est la symbolisation en marche, en plein fonctionnement, et totalement articulée à la phobie dont l’objet est ce phallus manquant. La prolifération mythique foisonne.

 

Si l’on cherche vaille que vaille une construction, le mythe offrira une plus sûre réponse. Lacan le présente en effet telle une ‘tentative d’articuler la solution d’un problème4 c’est-à-dire qu’il est le repère d’un certain travail de symbolisation, comme une douce transformation, par symbolisation, de l’impasse en ‘passe’ qui déboucherait en des terres nouvelles, laissant derrière le sujet ce ‘pas d’anéantissement5opéré par l’intrusion du jeu des signifiants. C’est précisément cette dimension symbolique qui se donne à sentir dans la coloration moqueuse des railleries du petit Hans : quelque chose fut symbolisé, et eut transformé l’impasse en passe, voilà ce qui se donne à entendre de soulagement dans la moquerie (qui laisse perplexe tout auditeur embourbé dans une audition au premier degré, imaginaire). Car l’enchevêtrement des nouvelles combinaisons est un art, une manière de re-structurer le réel. Voilà une défense et illustration éloquente de cette force à préserver une jouissance, un plaisir certain à l’exercice de la symbolisation du petit Hans.

 

 

1.2 A ce stade, Lacan, enthousiasmé (imprégné ?) par les travaux Lévi-Straussien, en arrive à pointer les soubresauts discursifs du petit Hans, comme autant d’ébats de la barre séparant signifié et signifiant. Il en vient rapidement à instituer sa « flottance » comme règle d’or, et tente de rendre compte d’une certaine prolixité signifiante comme d’une prolifération mythique.

 

L'ordre combinatoire en tant qu'il est opposé à la logique séquentielle, voilà l'axe de lecture que nous propose Lacan dans les difficultés à élucider lors des propos du petit Hans. Mais que nomme-t-il précisément 'ordre combinatoire' ? C'est en réalité un magma, un amalgame, un complexe qu'il serait dangereux de mal dénouer. Il a pour émanation ce complexe de signifiants qui peut être nommé 'formation symptomatique' et qui est mobile, qui se déplace, donc qui ne se déchiffre pas à l'aide d'une clef unique, il n'est qu'à constater les multiples entendements qui se peuvent donner au signifiant cheval :

- Cheval :- fonction du père

- carence du père

- passage préœdipien - oedipien

- symbolique de la mère

- symbolique du pénis

- lié à la voiture (grossesse de la mère ; situation des enfants)

 

Et cette polysémie, cette valence multiple, c'est ce que Lacan nomme la règle d'or :

"Nul élément signifiant, objet, relation, acte symptomatique, dans la névrose par exemple, ne peut être considéré comme ayant une portée unique6"

 

La fonction du signifiant symptomatique sera donc toujours de recouvrir de multiples signifiés. Et cela érige un véritable appareil, que la tenace tentation de l'analyste presse toujours à simplifier, réduire à une relation bijective, du reste purement arbitraire, et pire encore, sollicitée par sa dimension systématique, où toute relation serait, une fois pour toutes la bonne, et bien sûr il n'y aurait pas à y revenir. C'est ce qui se ressent en permanence dans les tentatives, malhabiles du père de Hans, qui cherche à attribuer aux colorations jaunes et noires du signifiant 'Unterhosen' ce qui coulerait, en quelque sorte, de source, à savoir le pipi et le 'Lumpf' (Cf le 10 avril 1908). Mais il n'en va pas ainsi! De même, dans le récit des deux girafes, du 28 mars 1908, " In der Nacht war eine grosse und eine zerwutzelte Giraffe im Zimmer, und die Grosse hat geschrien, weil ich ihr die zerwutzelte weggenommen hab' 7", le désir d'une explication univoque est intenable pour le père, (le texte de Freud mentionne 'Ich, befremdet' non pas pour l'insoutenable du sens, non pas déconcerté comme dit la traduction mais bien plus effrayé, comme pour exprimer l'incompressible d’un certain désir attributif) lorsque celui-ci tente d'attribuer le rôle de la grande girafe à lui-même, celui de la girafe froissée à son épouse.

 

La question qui se pose ici, est vraisemblablement celle de la longueur de la cure. L'intervention constante (et didactico-scientifique) du père et le jeune âge de Hans ne nous permettent pas de soutenir plus avant la comparaison avec une cure classique. Mais ce que Lacan désigne, dans l'irrépressible élan constructif, dans la sauvage interprétation de l'analyste, c'est précisément ce qu'il convient de laisser comme part, la part du lion (et Hans nous a montré que les lions avaient le plus grand 'Wiwimacher' !), au temps, c'est à dire à l'analysant, plus précisément, à ce qu'il y a d'analyse dans l'analysant, ‘ils ont beau presser l’enfant d’avouer8 le temps n’est pas sensible aux pressions...

 

Il est ici à lire une certaine prolixité mythique, que je nomme appareil mythique, parce que Hans y construit, tel Mozart, une entame, une amorce de travail avant que de livrer combat.

 

 

1.3 Comparant ces émanations au plaisir-discours du Witz, dégageant, partant, un « ternaire obligé », Lacan pressent le travail à l’œuvre dans la production phobique.

 

Peut-être faudrait-il même parler d'angoisse, car antérieurement au rire et à son cortège de "Lust" figure ce sentiment angoissé. Ce n’est que subséquemment qu’arrive le plaisir, comme le piste Freud dans son ouvrage sur le Witz, qui fait l’objet du commentaire de Lacan. Freud précise :

 

Der Witz ist "eine Tätigkeit, welche darauf abzielht, Lust aus den seelischen Vorgängen [...] zu gewinnen9.".

 

Le but reste bien sûr la "Erzeugung von Lust10", la production de plaisir. Mais au préalable se pose cette angoisse. Et nous pourrions ici nous intéresser plus particulièrement à l'une des formes du Witz, le Witz tendencieux, tel que le décrit Freud:

 

Der tendenziöse Witz "ermöglicht die Befriedigung eines Triebes (des lüsternen und feindseligen) gegen ein im Wege stehendes Hindernis, er umgeht dieses Hindernis und schöpft somit Lust aus einer durch das Hindernis unzugänglich gewordenen Lustquelle11"

 

 

N'est-ce pas cela que l'on sent poindre chez Hans ? Quelque chose comme un Hindernis, un obstacle, et qui, contourné,  provoque plaisir pour tout lecteur ? Je souhaite ici pointer la tendance Hansienne d’une couverture tirée vers le Witz, telle une construction de solution, une ébauche tierce à ce que Hans semblerait vouloir singer d’un discours inféré/hérité des voix de ses parents, et à son propre premier élan. Ce tiers-lieu, Ort-Wort12 d’un insu qui prend corps par cet a priori Witz, est l’anti-chambre du combat que nous allons examiner plus loin.

 

1.4 Lacan pointe, du bout de la plume, la figure d’Humpty-Dumpty comme étendard d’une tentative de maîtrise.

 

La question qui apparaît, est celle de la figure de Humpty Dumpty. Qui est ce personnage ? Pourquoi a-t-il l'allure, l'enveloppe, la signifiance de l’œuf ? Et surtout, pourquoi est-il diable juché sur un mur pour lui trop étroit ? La question est ici autorisée, non parce que Lacan l'évoque, bien allusivement, fut-ce pour le situer en position de maître, "les choses sont ainsi parce que je le décrète, et que je suis le maître13", et davantage encore, puisqu'en septembre 1953, à Rome, au Congrès tenu à l'Istituto di psicologia de l'Université, trois ans et demis plus tôt, Lacan l'avait déjà mentionné, parlant d'un autre accouchement, "Si bien qu'on pourrait dire avec humour que notre but est de restituer en eux la liberté souveraine dont fait preuve Humpty Dumpty quand il rappelle à Alice qu'après tout il est le maître du signifiant, s'il ne l'est pas du signifié où son être a pris sa forme14.". Mais si la question est ici autorisée, c'est précisément parce que Lacan touche juste, c'est que notre petit Hans, qui aura eu 5 ans en avril 1908, au moment du climax de la phobie, résonne, vibre, se combine à la figure de Humpty Dumpty. Et précisément, cette grande fille qui vient l'importuner de ses questions, pourrait être la figure du père de Hans, quoique Lacan, comparant ses variations de taille au phénomène de turgescence, nous renvoie davantage à l'idée d'un membre, et plutôt celui que se découvre Hans. 

 

Qui est donc Humpty Dumpty ? C'est la figure de la comptine (nursery rhyme) bien connue des enfants anglais au siècle victorien (et même encore aujourd'hui, sauf à ce que mes amis interrogés soit particulièrement rétrogrades ou conservateurs):

 

Humpty Dumpty sat on a wall:

Humpty Dumpty had a great fall.

All the King's horses and all the King's men

Couldn't put Humpty Dumpty in his place again.

 

Mon dictionnaire nous apprend qu'un 'Humpty Dumpty' est un petit homme replet, une petite personne boulotte15. Remarquez aussi qu'un Dump car est un wagon à bascule (et laissez-le résonner avec l’ensemble des Wagen, Möbelwagen16, Postwagen17, Stellwagen18, Lastwagen, etc… qu’évoque, en ritournelle, le petit Hans ; Lacan plus tard évoquera ce signifiant dans le jeu Wagen-wegen).

 

Plongeons-nous quelques instants dans l'univers carrollien, dans ce qu'il est convenu d'appeler le "deuxième" Alice, à savoir Through the looking-glass and what Alice found there. Au chapitre VI : il s'y trouve des choses d'exquises délices, mais, comme le lapin, je suis pressé par le temps, je ne vous en livrerais ici que quelques bribes sélectionnées.

Alice a dû ("you must") acheter un oeuf, et la vendeuse trouve plus convenable qu'elle s'en saisisse elle-même. Alice pénètre donc au fond du magasin, et voit apparaître cet oeuf ("the egg only got larger and larger"), puis elle se rappelle la comptine qui s'impose à elle ("It can't be anybody else" se dit-elle à elle-même) et engage la conversation avec Humpty Dumpty, d'abord bien indifférent. Le dialogue roule d'abord sur l'âge :

 

"Voici donc la question à laquelle il vous faut répondre :"Quel âge avez-vous dit que vous aviez ?"

Alice fit un bref calcul et répondit : "Sept ans et six mois.

- C'est faux !" s'exclama, l'air triomphant, Heumpty Deumpty. "Vous n'en avez jamais soufflé mot.

- Je pensais que vous vouliez dire : "Quel âge avez-vous?" expliqua Alice.

- Si j'avais voulu dire cela, je l'aurais dit", répliqua Heumpty Deumpty19"

 

Voilà d'entame, Humpty Dumpty en position de maître de quelque chose. En maître du "say" puisque c'est sur ce terme que se méprend Alice. Puis le dialogue se poursuit, avec d'autres gaffes d'Alice, qui ne sont pas sans rappeler celles du père de notre Hans, concernant la ceinture-cravate (inutile de s'appesantir sur la symbolique de ces deux objets-là...), que Humpty-Dumpty éprouve comme "most-provoking-thing". Puis l'affaire roule sur la fameuse considération du "un-birthday present" (le fameux cadeau-de-non-anniversaire bien connu de nombreuses générations d’enfants…) qui se termine par ce chef-d’œuvre d'échange :

 

" Voilà de la gloire pour vous !

- Je ne sais ce que vous entendez par "gloire" ", dit Alice.

Heumpty Deumpty sourit d'un air méprisant.

"Bien sûr que vous ne le savez pas, puisque je ne vous l'ai pas encore expliqué. J'entendais par là : "Voilà pour vous un bel argument sans réplique !"

- Mais "gloire" ne signifie pas "bel argument sans réplique", objecta Alice.

- Lorsque moi j'emploie un mot", répliqua Heumpty Deumpty d'un ton de voix quelque peu dédaigneux, "il signifie exactement ce qu'il me plaît qu'il signifie... ni plus, ni moins.

- La question, dit Alice, est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu'ils veulent dire.

- La question, riposta Heumpty Deumpty, est de savoir qui sera le maître... un point c'est tout."

Alice était trop déconcertée pour ajouter quoi que ce soit20".

 

Je vous propose un extrait supplémentaire du texte carrollien où Humpty Dumpty emploie un mot a priori épique, le mot "impenetrability", dont l’irruption dans le discours procède d’un effet d’inattendu. Evidemment, Alice, immanquablement renversée, déstabilisée, s'en étonne et Humpty Dumpty lui répond :

 

"Par 'impénétrabilité', j'entends que nous avons assez parlé sur ce sujet, et que vous feriez bien de m'apprendre ce que vous avez l'intention de faire à présent, si, comme je le suppose, vous ne tenez pas à rester ici jusqu'à la fin de vos jours.

- C'est faire signifier vraiment beaucoup à un seul mot", fit observer, d'un ton méditatif, Alice.

"Lorsque j'exige d'un mot pareil effort, dit Heumpty Deumpty, je lui octroie toujours une rémunération supplémentaire.21

"Oh!" dit Alice. Elle était trop ébaubie pour faire aucune autre remarque22."

 

La réflexion que propose Lacan dans ce chapitre XVII, c'est précisément celui d'une élucidation du travail chez Humpty Dumpty. Qu'est-ce qui est à l’œuvre ? Et ce qui semble bien agir dans la tête de notre oeuf, pour ainsi dire, c'est une manière d'ordre combinatoire. Lacan l'entend au sens le plus classique, et quoique le Dictionnaire historique de la langue française paru aux Editions du Robert le fît apparaître en 1732, ce mot, la combinatoire, était pourtant déjà défini par Leibniz comme "partie synthétique de la logique de sorte qu'elle se confond avec l'art d'inventer" (l'idée d'Ars Combinatoria). J'en retiens, et cela me frappe en revenant vers le petit Hans, le rapprochement avec l'art d'inventer. Car l'ordre combinatoire, précisément, se situe dans un registre imaginaire, dans un moment pré-symbolique comme Lacan ici le présente. A quoi se heurte-t-il ? A ce que nous pourrions nommer une logique séquentielle. Je vous accorde que ma proposition est un peu courte, ce terme de "séquentielle" n'ayant fait son apparition, toujours selon le même dictionnaire, que vers 1957, s'agissant d'un domaine alors nouveau, celui de l'informatique. Mais je désire le retenir en ce qu'il lui est possible de se dé-cortiquer en "con-séquence" (en allemand, une suite mathématique se dit Folge, qui désigne du même mot la conséquence...). Je souhaiterais ici faire place à René Descartes:

 

"Il n'y a pas moins de répugnance que le plus parfait soit une suite et une dépendance du moins parfait qu'il n'y en a que de rien procède quelque chose23".

 D'où il appert que la séquentielle, procède d'une logique, la logique séquentielle, c'est-à-dire précisément que nous sommes dans un registre déjà beaucoup plus symbolique.

 

L'ordre combinatoire en tant qu'il est opposé à la logique séquentielle, voilà l'axe de lecture que nous propose Lacan dans les difficultés à élucider lors des propos du petit Hans. 

 

Et je me demande si, précisément, l'étroitesse du mur sur lequel était assis Humpty-Dumpty ne procéderait pas de cette mise en garde : le mur est étroit, c'est-à-dire la chute hautement probable (en témoignent les craintes d'Alice), où viennent se loger les signifiants propres à une combinatoire. Leur nombre est nonobstant immense, d'où la grosseur de cet oeuf, dont on se demande en permanence s'il va exploser (quel analyste ne s'est jamais demandé par quelle prouesse tel analysant tenait en équilibre... sans explosion !), et la position d'équilibre est évidemment dure à tenir pour que ne chavire l'ensemble, d'un côté ou de l'autre du mur. L'étroitesse du mur vient figurer la fragilité de l'analyse, la conséquente difficulté pour l'analyste d'accepter cette flottance, cette "série d'oppositions qui sont avant tout d'ordre combinatoire24" comme le rappelle Lacan. La question qui se pose est : comment échapper à l'erreur de la 'superfluidité de la déduction intellectuelle25' . Et j'y entrevois le lien avec ce que Lacan exposera plus tard, dans son séminaire VIII sur Le Transfert, parlant de sa définition du contre-transfert qu'il renverse:

 

C'est seulement en tant [que l'analyste] sait ce que c'est que le désir, mais qu'il ne sait ce que ce sujet, avec lequel il s'est embarqué dans l'aventure analytique, désire, qu'il est en position d'avoir en lui, de ce désir, l'objet"

Je cite ce passage, car au fond, Lacan cherche à toucher, à caractériser, là encore, l'objet, la relation d’objet qu’il pressent de type imaginaire, présentant des contradictions intenables. Mais est-ce aussi l’objet du désir qui assujettit le sujet ?

 

Le sujet est assujetti de moult parts. A commencer par le jeu du signifiant, qui l'assaille, ce qui fait dire à Lacan que 'le sujet y entre à quelque sorte à reculons26'. Il faut se représenter, pour comprendre le chemin originel de la phobie du petit Hans, les multiples surgissements d'un certain nombre de groupements d'éléments signifiants, comme autant d'objets se transformant en arbres dans le parcours d'Alice pour aller récupérer cet oeuf que la marchande (s'agit-il d'une figure de la Loi de nécessité ? donc du côté d’un Père symbolique…) lui demande d'aller le saisir elle-même. Nécessairement, cela déclenche une angoisse, voire une phobie dans certaines configurations. La persistance de cette 'aide interdictive concernant la masturbation27' n'aura pas eu l'effet escompté, du moins pas d'emblée, car elle n'était qu'un arbre de cette forêt de surgissements. Ce n'est que dans une certaine flottance que Hans pourra s'en servir pour établir un rapport, qui aura pour lui l'effet d'une 'construction' dans le sens où l'on peut parler de constructions en analyse. Une formule heureuse de Lacan , 'C'est à croiser diamétralement le cours des choses que le symbole s'attache pour lui donner un autre sens28' prend ici plein effet. Il se produit un passage, qui peut se décrire chez le petit Hans comme une symbolisation radicale qu'il se formule, et qui vient immanquablement d'une impasse (l'impasse du fond du magasin, si nous voulons ici filer la métaphore avec Alice, et qui toujours débouche sur un passage).

 

Puis Lacan relate avec force l'effet du Witz comme 'jeu sur le foncier non-usage de tout usage du sens29'. C'est de cela, évidemment que se rend maître Humpty Dumpty, ou en d'autres endroits le petit Hans, par un exercice tyrannique pour l'entremise du sens commun, par un mépris de la fonction du code linguistique qui définit un champ sémantique commun. C'est souvent cette fonction-là qui tient la chandelle, en quelque sorte, qui joue le rôle du troisième élément, dont Lacan rappelle que Freud en fait la condition minimale pour que le Witz se distingue du comique. Il y a une ternarité du trait d'esprit, alors que le comique procède d'une simple dualité.

 

Lacan rappelle sans cesse à l'ordre, en nous conseillant de toujours bien 'repérer les signifiants dans leur valeur essentiellement combinatoire30', de laisser l'ensemble des signifiants mis en jeu restructurer le réel en y introduisant de nouvelles relations combinées. Voilà l’œuvre d'appontement qui se réalise, il n'est qu'à observer finement, saisir les mouvements 'en branle', comme il le dit. Dans la version de l'Association freudienne internationale, j'ai trouvé un terme un peu différent, celui de 'liaison des éléments signifiants diversement fantasmatiques'. Le concept peut être intéressant également.

 

Ceci nous amène à une notion-clef de ce séminaire, qui me semble exploser avec éclat, dans l’expression :

 

 

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2. … comme essai.

 

 

 

2.1 Dans Radiophonie, en 1970, il précise ses directions de 1957, au regard d’un« fait de désêtre », cette brèche où se dévoile un « inessentiel du sujet », exclusion métaphysique qui signe cette règle d’or.

 

Treize années plus tard, Lacan est sommé de faire réponse au « Freud anticipe, sans s’en rendre compte, les recherches de Saussure et celles du Cercle de Prague31 » d’un journaliste du Troisième programme de la R. T. B., la Radio-Télévision Belge. J’y lis dans ces réponses toute l’agitation du moment (les années 1969, les modalités d’accession au titre de psychanalyste dans l’Ecole freudienne de Paris, la lettre de démission d’Aulagnier, Perrier et Valabrega), et son mot de « faux jetons32 » qu’il y lâche à l’occasion, fulminant contre ces « contrats sociaux qu’ils en attendent ». De contrat social, oui, mais pour autant que se sachant essai, contrat caduque en son écriture même et dont la viabilité ne se voudrait que transitoire – c’est dire qu’il n’aurait de valeur là où serait attendue sa qualité : valeur d’engagement.

 

De quoi s’agit-il ? Lacan à ce stade tente de libérer l’essentiel de la Dummheit du petit Hans. « L’inconscient est la condition de la linguistique33 » dit-il, à entendre non comme le sort jeté par une bonne fée sur un berceau, mais comme la prémisse. Sans inconscient il n’est de linguistique, et c’est parce qu’inscrites en l’inconscient, que métaphores et métonymies se peuvent discuter en linguistique. Il avance encore ceci : « Le langage est la condition de l’inconscient », où condition est à prendre en une acception similaire : c’est donc parce qu’il y a langage, qu’il est de l’inconscient à trouver. D’où l’intérêt pour le flot proliférant du petit Hans, qui, par son langage, indique une certaine voie.

 

Relire ainsi « La linguistique (…) s’institue d’une coupure qui est la barre posée entre le signifiant et le signifié34 » n’est autre que revenir sur les pas d’une coupure à lire plus avant, « … pour qu’y prévale la différence dont le signifiant se constitue absolument ». A lire de plus près le mot différence, on y entend séparation, distinction nette, d’où opposition de forces, d’où cette maîtrise dont se vantaient Humpty Dumpty ou le petit Hans. Je ne crois pas qu’ils fussent, aucun d’eux, conscients d’un quelconque succès, mais qu’ils nous faisaient part de leur essai, un peu comme ces joueurs de rugby ne font jamais que marquer, transformer des essais. Si Humpty Dumpty avait eu tant d’assurance, pourquoi diable serait-il resté juché sur son mur étroit, et si Hans fut tant convaincu de ses essais, pourquoi diantre invoquer un tiers du Witz et comme le rappelle Octave Mannoni, « les enfants sont doués d’une intelligence linguistique très particulière dont ils ont de moins en moins besoin au fur et à mesure qu’ils parlent mieux35 ». Nous voilà donc au cœur du problème : un essai pour s’emparer d’une maîtrise est présent, tel un guetteur, nez au vent, en chaque pas du langage.

 

Arrive alors, dans le texte de Radiophonie, le mot « un fait de désêtre36 ». « Aucune signification ne sera désormais tenue pour aller de soi : qu’il fasse clair quand il fait jour, par exemple… ». Ne serait-ce l’occasion de citer l’apostrophe de Diogène le Cynique à Alexandre, dans la deuxième moitié du IVème  siècle av JC, « Ote-toi de mon soleil ! » … ? Ce « fait de désêtre »,  c’est une dissolution, et le seul dictionnaire à en rendre compte, celui d’Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, dans la rubrique « passe », en appelle à l’expérience des limites de Georges Bataille. Ne peut-on y lire une brèche où quelque chose d’un inessentiel du sujet vient à se glisser, un inessentiel qui grince, qui tord un autre essentiel, et qui alors et ainsi dispose une exclusion métaphysique ? C’est à ce surgissement que se vérifie cette règle d’or d’une flottance de la barre posée entre signifiant et le signifié.

 

« Le signe suppose le quelqu’un à qui il fait signe de quelque chose.(…) Appelez ce quelqu’un comme vous voudrez, ce sera toujours une sottise. » Lacan ne fait-il ici pas signe à notre petit Hans, à sa Dummheit à laquelle font signe (ce qui en allemand se dit «winken »  et dont use Hans) les nombreux désêtres langagiers traduites par le père en tant qu’apories, mais réellement marqueurs d’un moment où quelque chose fait signe, c’est-à-dire, s’essaie ?

 

 

 

2.2 Apparaît alors avec davantage de clarté le combat livré chez notre jeune sujet phobique, littéralement assujetti à sa phobie, qui transforme l’essai d’un appareil (au sens guerroyant) mythique en une situation de maîtrise signifiante.

 

Ce qui ne m’était absolument pas apparu lors de mon premier travail sur le texte du Quatrième Séminaire, et qui aujourd’hui s’impose à moi, c’est cette dimension de combat. Un combat intérieur, une lutte de la barre qui ne sait où venir se poser, une bataille pour cette tenue qui importe tant lorsqu’on est encore un enfant et qu’on en attribue l’apanage au monde des adultes (merveilleusement défendu par le père de Hans) que l’on souhaiterait tant rejoindre.

La figure de Humpty Dumpty, que je traîne décidément ci-devant votre patience, fait elle aussi appel aux attributs du combat :

 

All the King's horses and all the King's men

Couldn't put Humpty Dumpty in his place again.

 

Les “hommes du roi”, bien entendu, sont des soldats, de cette espèce qui jamais n’atteint son but, mais toujours tente, s’essaye, un peu à la mode onirique, où le combat est une tentative  de combat.

 

Chez Hans, il est flagrant de repérer la quantité d’occurrences où pointe un lueur de combat. Dans le récit des deux girafes, du 28 mars 1908, par exemple :" In der Nacht war eine grosse und eine zerwutzelte Giraffe im Zimmer, und die Grosse hat geschrieen, weil ich ihr die zerwutzelte weggenommen hab' 37". Quelque chose crie, ici la girafe. Mais il faudrait entendre que quelque chose fait signe, par ce cri, fait signe et signe le combat qui se livre, ici en l’occurrence pour tenter de découvrir qui donc, de la mère ou du père, l’a !

 

« Le signe suffit à ce que ce quelqu’un se fasse du langage appropriation, comme d’un simple outil38 ». Lacan note sans doute la dimension guerroyante avec son mot « outil », comme l’outillage du chevalier parti à l’assaut d’une muraille. Et chose curieuse, il n’est pas nécessaire d’établir une péréquation parfaite entre l’outil et la muraille, en vertu de cette idée selon laquelle le signe du bruissement des ailes d’un papillon dans l’Hémisphère sud saurait causer une éruption volcanique en l’autre hémisphère… Un petit signe, un petit outil (comment autrement qualifier la girafe de papier froissé… ?) suffisant ici à témoigner de ce combat et à s’en sortir victorieux !

 

Ces espèces d’espaces de combat sont de précieux indicateurs, bien sûr, d’un essai pour passer de l’état d’assujetti phobique, en notre cas, en une sorte d’exit de la phobie, par l’intermédiaire d’une maîtrise signifiante, au prix d’une torsion, …

 

 

 

2.3 Par quoi la jouissance d’une production le déporte - déplacement du discours - et révèle le passage d’une logique séquentielle à un art combinatoire, de l’université à la poésie. Alors, « car le poète se produit d’être », le sujet marqué de sa division se saura avoir transformé l’essai.

 

J’invoque ici la figure du déport, un peu à l’instar de l’évocation de « télépathie » de Lacan dans Radiophonie, et peut-être pour éviter qu’on ne « télépâtisse39 » sous le regard du « père sévère ».  En effet Lacan invoque, sans le citer in extenso, comme à son habitude,  le célèbre syllogisme « Tout homme est mortel, or Socrate est un homme, donc Socrate est mortel ». Il cherche ainsi à nous faire subir le déport qu’inflige, immanquablement, un suivi trop aveugle du discours de l’université, qu’il nomme tout d’abord « badinages de la communication ».

 

Pour rendre compte alors de l’erreur qui lui semble, en 1970 manifeste, Lacan en appelle à la « division du sujet », c’est-à-dire qu’il fait faire retour à ce qu’il dégageait, en 1957 dans son Séminaire sur la relation d’objet, comme l’opposition entre une logique séquentielle et un art combinatoire. Les mots sont de moi, certes, mais n’était-ce l’enjeu de la Règle d’Or ?

 

L’appel est lancé, il s’agit de quitter le discours de l’Université pour celui du poète ; « Oui, force à mettre le poète dans son sac. Car le poète se produit d’être… (qu’on me permette de traduire celui qui le démontre mon ami Jakobson en l’espèce)… se produit d’être mangé des vers, qui trouvent entre eux leur arrangement sans se soucier, c’est manifeste, de ce que le poète en sait ou pas40. ». L’ultime aspect de ce combat, et là, en revanche, le petit Hans ne le sait pas encore, c’est sa propre dévoration par les vers qu’il a produit, c’est-à-dire la faille de sa propre division de sujet  qui limitera les effets de sa victoire. Le poète dévoré, celui de cet art combinatoire mentionné en 1957, et qui me pousse à vous re-lire le dernier quatrain des Bijoux de Charles Baudelaire :

 

       - Et la lampe s’étant résignée à mourir,

Comme le foyer seul illuminait la chambre,

Chaque fois qu’il poussait un  flamboyant soupir,

Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !

 

 

 

 

1 Cf Claude Lévi-Strauss, The structural study of myths, in Journal of American Folklore, vol. 78, n° 270, oct.-déc. 1955, pp. 428-444. L’article est publié dans sa forme originale dans l’Op. cit. ci-dessous, en 1958, l’année du centenaire de la naissance d’Emile Durkheim, auquel Lévi-Strauss se réfère comme lui devant beaucoup.

2 Cf Claude Lévi-Strauss, Anthropologie Structurale, Editions Plon, Paris, 1958, p. 253.

3 Ibidem, p. 254.

4 Cf Jacques Lacan, Le Séminaire, livre IV, la relation d'objet, Op. cit., p. 292.

5 Cf Jacques Lacan, La relation d’objet et les structures freudiennes, Séminaire 1956-1957, Edité pour l’usage interne de l’Association freudienne Internationale, Paris, 1994, p. 296.

6 Cf Jacques Lacan, Le Séminaire, livre IV, la relation d'objet, Op. cit., p. 289.

7 Cf Sigmund Freud, Gesammelte Werke, Band VII, Op.cit., p. 272.

8 Cf Jacques Lacan, Le Séminaire, livre IV, la relation d'objet, Op. cit., p. 287.

9 Cf Sigmund Freud, Gesammelte Werke, Band VI, Der Witz und seine Beziehung zum Unbewussten, Fischer Verlag, Francfort-sur-le-Main, 1940, p. 104. Je propose la traduction : « Le Witz est une activité, une opération qui se pose pour but, par le moyen de processus psychiques, du gain de plaisir »

10 Ibidem, p. 104.

11 Ibidem, p. 110. ( Traduction Gallimard :  « Il rend possible la satisfaction d'une pulsion (de la pulsion lubrique et hostile) en s'opposant à un obstacle qui lui barre la route, il contourne cet obstacle et puise ainsi du plaisir à une source de plaisir qui lui était devenue inaccessible du fait de l'obstacle ».)

12 Littéralement « Lieu-Mot », Confer Angelus Silesius.

13 Cf Jacques Lacan, Le Séminaire, livre IV, la relation d'objet, Editions du Seuil, Paris, 1994, texte établi par Jacques-Alain Miller, p. 293.

14 Cf Jacques Lacan, Fonction et champ de la parole et du langage , in Ecrits, Editions du Seuil, Paris, 1966, p. 293.

15 Cf Harrap's standard French and English  Dictionary, part two, English-French, Editions George G. Harrap and Co, Londres, 1966, p. 597.

16 Cf Sigmund Freud, Gesammelte Werke, Band VII, in Analyse der Phobie eines fünfjährigen Knaben, Fischer Verlag, Francfort-sur-le-Main, 1940, p.284.

17 Ibidem, p. 284.

18 Ibidem, p. 285.

19Cf Lewis Carroll, Oeuvres , Editions Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, Paris, 1990, De l'autre côté du miroir et ce qu'Alice y trouva, traduit par Henri Parisot en 1971, Chapitre VI, p.314.

20  Ibidem, p. 316-317.

21 Il faut imaginer combien la chose est drôle lorsque Humpty Dumpty rémunère, chaque samedi soir (nous sommes au siècle de la reine Victoria…), la cohorte de mots ayant droit à ce bonus financier !

22 Cf Lewis Carroll, Op. Cit., p. 317. Il est à noter la malice de Carroll, qui a fait choix de deux signifiants démontrant la maîtrise de Humpty Dumpty : glory et impenetrability, en sorte que cela produise un nouveau signifiant, une manière de gloire impénétrable, qui serait à l’image de celle de cette maîtrise, impénétrable elle aussi puisque en perpétuelle mouvement inventif…

23 Cf René Descartes, Oeuvres et Lettres, Editions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1937, in Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences, Quatrième partie, p. 115.

24 Jacques Lacan, Le Séminaire, livre IV, la relation d'objet, Editions du Seuil, Paris, 1994, texte établi par Jacques-Alain Miller, p. 291.

25 Ibidem, p. 290.

26 Ibidem, p. 290.

27 Ibidem, p. 291.

28 Ibidem, p. 293.

29 Ibidem, p. 294.

30 Ibidem, p. 297.

31 Jacques Lacan, Radiophonie, in Revue Scilicet, vol. 2/3, Editions du Seuil, Paris, 1970, p. 55.

32 Ibidem, p. 57.

33 Ibidem, p. 58.

34 Ibidem, p. 55.

35 Cf Octave Mannoni, Un commencement qui n’en finit pas. Transfert, interprétation, théorie., Editions du Seuil, Paris, 1980, p. 90.

36 Jacques Lacan, Radiophonie, in Revue Scilicet, vol. 2/3, Editions du Seuil, Paris, 1970, p. 56.

37 Cf Sigmund Freud, Gesammelte Werke, Band VII, Op.cit., p. 272.

38 Jacques Lacan, Radiophonie, in Revue Scilicet, vol. 2/3, Editions du Seuil, Paris, 1970, p. 56.

39 Cf Jacques Lacan, Radiophonie, in Revue Scilicet, vol. 2/3, Editions du Seuil, Paris, 1970, p. 57, « C’est le même miracle invoqué à faire qu’on télépâtisse du même bois dont on pactise : pourquoi pas le « dialogue » dont vous appâtent les faux jetons, vire les contrats sociaux qu’ils en attendent. »

40 Ibidem, p. 57.